Apprendre à lire correctement son bulletin de paie
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Comment bien lire et analyser votre bulletin de paie ?

Le bulletin de paie, aussi connu sous le nom de fiche de paie, est un document obligatoire pour tous les salariés. Émis mensuellement par l’employeur, sa lecture relève parfois du casse-tête… Pourtant, en tant que salarié il est indispensable que vous décryptiez vous-même les principales informations qu’il contient. Dans cet article, découvrez comment bien lire et comprendre chaque spécificité de votre bulletin de paie !

Selon l’article L.3243-2 du code du travail, la fiche de paie est une pièce justificative délivrée à chaque salarié par son employeur. Traditionnellement remise en main propre ou envoyée par voie postale, elle est de plus en plus distribuée par voie électronique. Et pour cause, la dématérialisation des bulletins de paie devient une pratique courante, offrant une meilleure accessibilité et une gestion simplifiée des documents.

Si l’employeur dispose de l’accord du salarié pour transmettre les fiches de paie sous forme numérique, il doit respecter certaines conditions légales pour garantir la sécurité et la confidentialité des données. Parmi ces impératifs, on retrouve le fait que : 

  • vous devez être informé au moins un mois avant la distribution de votre premier bulletin de salaire ;
  • les e-bulletins doivent être facilement accessibles pour les salariés ;
  • l’employeur doit s’assurer de l’intégrité et de la confidentialité des données, en ayant recours à un coffre-fort numérique ;
  • l’employeur assure la disponibilité des données pour une durée de 50 ans.

Comprendre votre fiche de paie est primordial pour vérifier l’exactitude des sommes versées. Une lecture efficace de votre fiche de paie offre aussi une meilleure compréhension de vos droits en tant que salarié : congés payés, avantages sociaux, primes, etc.

A retenir
Avoir une compréhension claire des éléments figurants sur le bulletin de paie garantit que l’employé bénéficie pleinement de l’ensemble de ses droits.

Concernant votre employeur, plusieurs éléments doivent figurer sur votre bulletin de paie en tête de votre fiche de paie, notamment :

  • le nom et l’adresse ;
  • le code APE (activité principale exercée) ou NAF (nomenclature des activités françaises) : il précise le secteur d’activité de votre employeur ;
  • le numéro SIRET : soit le numéro d’inscription de l’employeur au répertoire national des entreprises et des établissements ;
  • la convention collective de rattachement : elle désigne la convention collective applicable à votre poste et est essentielle pour comprendre les droits et les obligations spécifiques qui régissent votre contrat de travail, notamment en ce qui concerne les congés payés et les délais de préavis.

Après avoir examiné les informations relatives à votre employeur, il est important de vous assurer que les détails concernant votre statut de salarié soient corrects et complets, notamment votre nom et le poste que vous occupez. 

Vérifiez également votre position dans la convention collective. Cela correspond au coefficient hiérarchique indiqué selon la convention collective applicable. Cette classification est importante, car elle détermine souvent le salaire de base et d’autres aspects essentiels relatifs à votre contrat de travail.

Le salaire brut représente la rémunération totale à laquelle vous avez droit pour le travail accompli pendant la période de paie concernée. Ce montant est calculé avant la soustraction des cotisations sociales et autres déductions. Il est établi en prenant en compte le salaire mensuel de base (SMB), c’est-à-dire le montant convenu dans le contrat de travail. À ce montant de base s’ajoutent différents avantages, des variations mensuelles et individuelles.

Parmi les ajouts susceptibles de venir augmenter le salaire brut, on trouve :

  • la prime d’ancienneté ;
  • les primes exceptionnelles ;
  • les jours de congés payés non pris ;
  • les avantages en nature – comme la mise à disposition d’un véhicule de fonction ou d’équipements informatiques ;
  • les heures supplémentaires ou les heures d’astreintes – souvent payées à un taux majoré.

Diverses cotisations sont soustraites de votre salaire brut. Elles permettent de financer les prestations sociales essentielles dont vous bénéficierez à l’avenir : retraite, couverture maladie ou encore allocations familiales. Pour une meilleure compréhension des fiches de paie, les intitulés des différentes cotisations et taxes ont été simplifiés depuis 2018. Les retenues sont désormais regroupées sous des catégories plus larges, telles que :

  • « Santé » ;
  • « Retraite » ;
  • « Famille » ;
  • « Chômage » ;
  • « Accidents du travail » ;
  • « Maladies professionnelles ».

Finalement, la dernière étape de compréhension de votre fiche de paie consiste à passer du salaire brut au salaire net. La différence est liée aux diverses déductions liées aux prestations sociales. 

Avant 2019, les salariés recevaient leur salaire net puis payaient l’impôt sur le revenu séparément, souvent l’année suivante. Cependant, depuis 2019, le processus a été simplifié avec le prélèvement à la source

Désormais, l’impôt sur le revenu est automatiquement déduit du salaire avant que vous ne le receviez. Avec cette nouvelle méthode, le taux d’imposition est communiqué directement à l’employeur par l’administration fiscale.

Le montant net social est une information qui doit figurer sur les bulletins de paie de tous les salariés. Indépendamment de leur statut, branche ou entreprise. Introduit progressivement à partir de juillet 2023, il est devenu obligatoire sur les bulletins de paie depuis octobre 2023. Il représente le revenu net après la déduction de l’ensemble des prélèvements sociaux obligatoires.

L’objectif premier du montant net social est de simplifier les démarches administratives des allocataires. Notamment ceux bénéficiant du RSA et de la prime d’activité. Désormais, aucun calcul supplémentaire n’est requis de la part des allocataires, car il leur suffit de déclarer le cumul des montants net sociaux pour bénéficier de ces prestations sociales. À terme, il fera office de montant de référence pour le calcul de différentes aides, telles que les allocations familiales.

Congés payés

Le dernier encart sur le bulletin de paie concerne les congés payés acquis et pris au cours de la période de référence. Selon 4 catégories différentes :

  1. Congés acquis (N-1) : obtenu au cours de la période de référence de l’année précédente, indiqué par « Congés N-1 » ou « CP N-1 », avec « N » représentant l’année de référence en cours.
  2. Congés en cours d’acquisition (N) : acquis au cours de l’année depuis le 1er juin dernier, indiqué par « Congés N » ou « CP N ».
  3. Congés pris (N-1 et N) : ceux pris en N-1 concernent la période de référence de l’année précédente, tandis que ceux pris en N sont liés à la période en cours.
  4. Solde de congés payés : il représente la différence entre les congés payés acquis et ceux déjà pris depuis le début de la période de référence.

Vous avez dorénavant toutes les clés en main pour bien comprendre les composantes de votre bulletin de paie. À noter que la conservation de ces documents mensuels doit se faire en toute sécurité. Pour les archiver, le coffre-fort numérique Digiposte est une solution pratique et sécurisée. Il vous offre un accès facile et instantané à vos documents !